Alimentation : Le sans gluten cherche à s’imposer au-delà d’un effet de mode

Marché de niche à l’intérieur du segment des produits pour allergiques et intolérants alimentaires, le sans gluten connaît une forte croissance, mais l’effet de mode pourrait être à durée limitée.

« Le sans gluten fait beaucoup de bruit et beaucoup d’industriels s’y sont mis, mais c’est une niche et ça restera une niche », estime Sophie de Reynal, directrice de Nutrimarketing, interrogée par l’AFP. Ces produits répondent aux besoins des personnes souffrant de la maladie coeliaque ou « intolérance au gluten », qui détruit l’intestin grêle en entraînant des carences et une dénutrition. Les personnes réellement affectées ne représentent que 1 % de la population.

Selon Mme de Reynal, « les consommateurs pathologiquement atteints représentent 10 % du marché ». Le reste (90 % du marché) est fait de gens qui ne sont pas vraiment intolérants mais qui, pour beaucoup, « trouvent un confort digestif quand ils réduisent ou suppriment le gluten, ce qui n’est pas à négliger », souligne Sophie de Reynal.

Surtout, l’intolérance au gluten a bel et bien augmenté par rapport à un siècle en arrière, où on consommait, sans problème apparent, de grandes quantités de pain : c’est, selon Mme de Reynal, parce qu’« on retrouve du gluten dans des blés qui sont de plus en plus riches en protéines mais également dans 70 % des produits transformés », issus de l’industrie.

La gamme sans gluten de la marque Gerblé voit ainsi une large part de sa clientèle composée de personnes qui « cherchent à réduire leur consommation de gluten pour avoir des effets positifs sur leur forme, leur ligne ou leur performance sportive », explique la directrice marketing de Nutrition et Santé, la maison-mère de Gerblé, Laure Kerneis. La marque Gerblé ne communique cependant pas sur ces objectifs-là pour lesquels rien n’est prouvé médicalement, et a choisi comme tête d’affiche le tennisman Novak Djokovic, intolérant au gluten.

 

 

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