Que cache le business de la tomate ?

15

A priori, on sait tous ce qu’est une tomate. On ne sait pas forcément comment ça pousse, mais c’est rond, rouge et avec une petite queue verte. OK, ça peut être jaune, voire vert. Plus ou moins gros, avec parfois des noms bizarres : coeur-de-boeuf, ananas, lemon boy ou green zebra… et puis c’est tout ? Pas du tout, vous n’y êtes pas. La tomate, c’est un symbole. En France, elle est le fruit frais le plus consommé : chaque ménage en avale 14 kilos par an. « Avec la banane, c’est le seul produit qu’il faut proposer toute l’année, explique Jean, primeur chez Une Pêche d’Enfer aux Halles de Bayonne. Si on n’en a pas sur son étal, on perd nos clients. » La tomate, c’est joyeux, c’est un fruit qui est aussi un légume, c’est très bon pour la santé… On en voudrait partout, tout le temps. Difficile d’accepter qu’il y ait une saison pour la manger. À savoir, de juin à octobre. De novembre à mai, elle s’invite dans tous les déjeuners rapides : sandwichs, burgers, pizzas, pâtes. L’été, elle ne manque pas une assiette bobo, en salade, en gaspacho. En voyage, on la retrouve du Mexique à l’Indonésie, du thiéboudienne à la caponata. « Il faut dire que le rouge, c’est attirant ! note Jean-Louis Lambert, sociologue de l’alimentation*. La tomate évoque le Sud, la chaleur, les vacances. Elle est presque aussi pratique que la banane : c’est également ce qui fait son succès. » Résultat, la tomate est partout.

 

On la dévore sous toutes ses formes, partout et toute l’année… Mais la tomate cache autant de bonheur gustatif que de scandales agroalimentaires. Un concentré de paradoxes qui en dit long sur l’époque.

 

 

Pour arrêter ça il faut partager !