Des plantes mutantes dans nos assiettes

Des plantes mutantes issue de la mutagénèse qui est une technique de soumission d’UV ou à de la radioactivité à des taux 300 000 fois supérieurs au taux de la nature ! Et ce dans un seul but, avoir des plantes géantes avec une production importante !

La mutagénèse c’est quoi ?

La mutagénèse est d’abord un processus naturel qui s’inscrit sur le long terme : les organismes vivants sont soumis dans la nature à des rayons UV ou à de la radioactivité, ce qui provoque des mutations aléatoires. C’est ce processus qui est reproduit artificiellement en laboratoire… et amplifié. Pour accélérer les choses, les plantes sont exposées à des taux extrêmement importants d’agents chimiques ou physiques. Le but : provoquer des centaines de mutations, puis repérer les plus bénéfiques – résistance à un herbicide, croissance plus rapide etc. – afin de les exploiter, y compris pour l’agriculture.

Un exemple concret pratiqué depuis 1962 !

C’est, par exemple, ce que pratique l’Institute of Radiation Breeding à Kamimurata au Japon, qui expérimente la technologie nucléaire sur des organismes végétaux depuis 1962. C’est là que se trouve le plus grand gamma field du monde : un champ circulaire de 100 mètres de diamètre soumis à des taux de radiation jusqu’à 300 000 fois supérieurs à ceux présents dans la nature. Selon les chiffres de l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique), les plantes de ce champ reçoivent ainsi en un jour l’équivalent de 1 000 ans de radiation. Muter ou mourir, voilà le destin de ces plantes : les taux de mortalité en laboratoire peuvent en effet atteindre les 80%, selon Christian Vélot, maître de conférence en génétique moléculaire à l’Université Paris Sud.

Aujourd’hui plus de 3000 plantes ont été créées ainsi !

À l’échelle de la planète aujourd’hui, plus de 3 000 variétés mutantes sont officiellement enregistrées dans la base de données gérée par l’AIEA et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). Problème : la déclaration à la base de données d’une plante créée par mutagénèse n’est pas obligatoire.

OGM ou NON peut importe cela est loin d’être naturel !

La mutagénèse, simple coup de pouce à la nature ? Non, répond Christian Vélot : « Sur le plan technique, un organisme issu de la mutagénèse est bien un OGM. » Il n’est donc pas naturel. De plus, « la fréquence des mutations spontanées dans la nature est extrêmement faible, souligne-t-il. Il est impossible de trouver des taux aussi élevés d’agents mutagènes [qui provoquent des mutations NDLR] dans la nature. »

La mise sur le marché de ces semences sont totalement autorisée et c’est une honte !

Les entreprises semencières peuvent vendre des produits issus de la mutagénèse sur le marché européen et en France comme des semences classiques. C’est ainsi qu’un agriculteur qui cultive des semences issues de la mutagénèse peut obtenir le label « bio » de l’Union européenne. C’est le cas pour le tournesol oléique, issu de la mutagénèse et utilisé aussi bien dans l’agriculture conventionnelle que bio. Parfois, il est même impossible de trouver sur le marché des semences non issues de la mutagénèse : « Toutes les semences de riz de Camargue, bio ou pas, sont issues de cette technique, affirme Guy Kastler, agriculteur bio, membre de la Confédération paysanne et du réseau Semence Paysanne qui promeut des semences garanties sans OGM. En France, pour être certain de manger des produits non issus de la mutagénèse, il faut se fier, selon Guy Kastler, « à des cahiers de charges privés (Nature & Progrès, Demeter, Biosuisse…) qui respectent les standards IFOAM [International Federation of Organic Agriculture Movements]. »

Pour arrêter ça il faut partager !

 

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