Pesticides : des substances toxiques, invisibles et omniprésentes

Mettant en relief cette exposition aussi invisible qu’omniprésente, du Bordelais à Hawaï en passant par la Californie, le documentaire révèle, surtout, les chiffres des ventes de département par département et molécule par molécule, synthétisés dans cette carte. L’occasion de faire le point sur les effets de mieux en mieux connus de ces substances chimiques sur la santé humaine et l’environnement.

Dangereux, les pesticides peuvent l’être d’abord, de manière directe, pour les agriculteurs. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime ainsi que l’intoxication avec ces produits, qu’il s’agisse des insecticides, des herbicides ou des fongicides, cause quelque 250 000 décès par an. En France, un des cas les plus emblématiques de ces intoxications aiguës est celui du céréalier Paul François, dont la vie a basculé le jour où il a inhalé par inadvertance des vapeurs du Lasso, un herbicide pour le maïs. Victime de violents malaises, souffrant depuis de troubles neurologiques, il a attaqué la firme Monsanto en justice, qui a été condamnée à l’indemniser entièrement – une première dans le monde agricole.

Expositions aiguës ou chroniques, la Mutualité sociale agricole recense quarante-cinq cas de personnes ayant obtenu la reconnaissance en maladie professionnelle de pathologies dues aux pesticides (données 2010) – un bilan largement sous-estimé, selon l’association Générations futures. En 2012, la maladie de Parkinson a notamment été reconnue comme maladie professionnelle, avec un lien de causalité explicite entre cette pathologie – seconde maladie neurodégénérative en France après Alzheimer – et l’usage des pesticides.

L’exposition aux pesticides dépasse largement le monde des agriculteurs, touchant notamment des personnes particulièrement vulnérables comme les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants. Cette exposition à de faibles doses, mais quotidienne et sur une longue durée, mêle des dizaines de substances chimiques différentes, provoquant un inquiétant « effet cocktail » qui n’entre pas en considération dans l’évaluation des substances chimiques, testées une par une pour leur homologation.

Or, parmi les pesticides sur le marché, on trouve des produits classés CMR – cancérogènes, mutagènes (pouvant produire ou augmenter la fréquence de défauts génétiques héréditaires) ou reprotoxiques (nocifs pour la fertilité) –, ainsi que de possibles perturbateurs endocriniens, capables d’interférer avec le système hormonal, même à des niveaux d’exposition très faibles.

 

 

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